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Lifestyle

Arrêtons de tricher avec nos rêves

« Dans ma vie d’avant », comme j’aime le dire, j’étais ingénieur. Je gagnais très bien ma vie, mais je menai une vie désespérément égoïste : tout tournait autour de la rentabilité, de la productivité… Je ne respectais plus mes valeurs, et du coup au fond, j’étais malheureuse.

Je me demandais souvent pourquoi j’avais étudié si dur pour un résultat aussi décevant. Finalement, le sport était devenu ma motivation, mon objectif : aller au boulot en vélo, aller courir tous les midis, faire des courses toujours plus incroyables le weekend.
J’ai réussi à me convaincre que ça ne me dérangeait plus tant que ça de passer mes journées assise devant un ordinateur à écrire des tonnes de spécifications que personne ne lirait jamais : c’était un moyen parfait pour pratiquer mes passions à fond, tout en gagnant très bien ma vie.
Alors je continuais ce petit quotidien frustrant, en me disant que, peut-être un jour, j’aurai le courage de tout quitter.

Mais un jour, mon monde s’est écroulé.

Du jour au lendemain, je me suis retrouvée célibataire, et sans travail. Sur le coup, j’étais désespérée, mais au fond de moi, je savais que c’était une bonne chose. Je ne sais pas comment le décrire, mais profondément, je savais qu’il était temps de m’écouter. D’arrêter de tricher avec mon rêve.
Ca a alors été très rapide : une semaine après, j’avais mon billet pour l’Australie. J’ai vendu tout ce que je pouvais, et j’ai mis le reste dans un garage que je louais.

Esterel

Apprendre le lâcher prise

J’ai commencé à voyager en me disant que dans 6 mois/1 an, je reviendrai à ma petite routine confortable d’ingénieur. Ca me rassurait. Ainsi, le risque était minime. Je partais avec mes petites économies accumulée pendant 4 ans, qui me permettaient de vivre sereinement ma petite aventure.

Une fois à l’autre bout du monde, j’ai trouvé ça super difficile : tous les jours j’étais pleine de doutes. J’avais vraiment peur de faire fausse route, de devenir trop déconnectée du monde, de ne pas pouvoir revenir en arrière. Et surtout, au fond de moi, je savais que je ne voulais pas revenir à ma vie d’avant. Mais je ne voyais pas d’autres solutions.

 

Se réinventer, exercice difficile

Il y a une question qui revient souvent : « Comment tu as fait pour te décider? »
Je ne vais pas vous mentir, je crois que je ne me suis jamais vraiment décidée !

Le « un an » de voyage a commencé à se transformer en « 18 mois ». Régulièrement je passais des entretiens pour des postes d’ingénieur, en grande indécise que j’étais, juste pour me rassurer je crois.
Et puis finalement, quand j’avais le poste, je trouvais la meilleure excuse du monde pour refuser : « Comment ça ? Vous me dites que vous n’avez PAS de DOUCHES dans vos locaux? Non, ça ne va pas être possible, je ne signerai JAMAIS chez vous !!! »
Je vous jure, c’est véridique, et j’ai vraiment honte aujourd’hui…

Tout de même, comme je ne voulais pas rester inactive, j’ai commencé à monter une petite association, pour promouvoir le sport au féminin : Trail entre Elles. Je vous le dis car c’est important pour la suite 🙂

En parallèle de mes voyages, j’ai aussi passé est un bilan de compétence : c’est lui qui m’a vraiment aidé à y voir plus clair.
J’ai réalisé que j’avais surtout besoin de déculpabiliser. Je trouvais ça limite honteux de faire ce dont j’avais envie, et non ce dont pourquoi j’avais durement étudié.

Suivre son propre chemin

J’ai ouvert les yeux. Je me suis rendue compte que j’avais appris tellement en voyageant : j’ai appris à faire un site web, à monter des vidéos, j’ai progressé en photographie et j’ai commencé à jouer avec Photoshop… J’ai appris de nouvelles langues !  J’ai aussi appris à réagir face à des situations désespérée, à garder mon sang froid, à réfléchir vite et bien. Et tout ça au final, était vachement valorisant.

J’ai enfin assumé mes rêves. Et je me suis rendue compte que c’était possible !

J’ai alors monté ma boite et j’ai repris la route. Aujourd’hui, je me régale en proposant mes services vidéo mais aussi, par ma seconde occupation : cette petite association, que j’avais monté quant j’ai commencé à voyager, elle est maintenant devenue une part de mon activité. J’agis pour developper le sport au féminin : j’aide à mettre en lumière des femmes d’exceptions, je crée des partenariats pour permettre aux femmes d’accéder à des courses ou stages Trail à petit prix, en proposant mes services photos en contrepartie. J’ai enfin le sentiment d’utiliser toute mon énergie dans le bon sens . Et surtout, je fais un truc qui me PLAIT, et du coup, je le fais BIEN.

Arrêtons de tricher…

Tu as le droit de te tromper. Mais il y a une chose que tu n’as pas le droit de faire : tricher avec ton rêve.
Je terminerai avec cette phrase qu’un de mes followers m’a sorti l’autre jour, et que j’aime beaucoup :

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

Confucius devait sûrement déjà faire du kitesurf 😉

Vous voulez en discuter, des conseils?  Je réponds toujours dans la journée sur ma page Facebook 🙂

tête de chien
Tags : blogueurroadtriptout plaquervoyage
Isa

The author Isa

15 Comments

  1. Wow,cela est tellement plaisant de te lire. Je t’ai connu grâce à mon amour car il te suit depuis déjà un bon bout.(kite) Moi je ne fais pas de kitesurf mais adore suivre ce sport de mon viseur Canon . J’ose croire que je viverais de ma photos un jour! (Sport en action)Tu es d’une simplicité si réconfortante, tu nous montres les vrai valeurs de la vie que bien des gens oublient avec le temps. Avoye vite grouille dépêche. …..c’est mots que j’essaie tant bien que mal à ne pas dire sur 5 jours. Ouffff parfois je me demande pourquoi courir ainsi c’est pas comme cela que je voyais ma vie. MERCI À toi c’est très plaisant te suivre, tu fais partie de mes petits bonheurs qui me font sourire! Qui sait, un jour j’aurais peut-être l’honneur de faire des photos de toi x. Merci la vie merci à toi x

    1. Salut Caroline !
      Alors la, sache que j’admire vraiment les copines de kitesurfeur, car mine de rien c’est épuisant de rester sur la plage dans ce vent, avec le soleil en pleine figure, à essayer de prendre des photos sympas !
      Merci beaucoup en tout cas pour ce gentil message très touchant ! Moi aussi j’ai tendance à vivre à 100 à l’heure, mais c’est bon aussi non?
      Bise, et j’éspère te voir un jour sur une planche de kite 😉

  2. Même début de parcours que toi, j’en suis à un an en Nouvelle-Zélande et un mois en Malaisie. J’ai pour projet d’aller au Vietnam, Cambodia, Thailand, retour France puis je vais chercher un job d’ingénieur au Canada. Ce fut un plaisir de te lire.

    1. Salut Mathieu ! Ca fait plaisir de voir un baroudeur trainer sur mon blog ! Peut-etre on se croisera un jour dans le monde 😉 J’éspère que tu trouveras facilement au Canada !

  3. Salut Isabelle,

    J’ai adoré ton article. Je suis en école d’ingénieur depuis deux ans (une assez bonne) et cela faisait un an que je refoulais la voix au fond de moi qui me disais d’arrêter pour vivre mes rêves, pour vivre de mes passions : voyager, partager mes conseils et aventures; programmer, creer des sites webs et des application; le développement personnel, motiver les personnes à realiser leurs rêves en leur en donnant les clés.
    Et voilà, demain matin j’ai rdv avec la directrice pour lui dire que j’arrête les etudes. Elle va tenter de me retenir, tout comme mes parents mais mon choix est fait.

    Vivre de ses passions et le partager pour inspirer d’autres personnes tout en les y aidant à y parvenir elles aussi est pour moi la plus belle chose qui soit et qui me motive chaque matin à donner tout ce que je peux pour atteindre ce rêve.

    C’est ton premier article sur lequel je tombe et ça me donne envie d’en lire plus.

    Bonne continuation,

    Victor.

    1. Salut Victor !
      Je suis assez surprise par ton message. Je ne sais pas trop quoi te dire : je ne te cache pas que moi ca me « rassure » de savoir que j’ai un diplôme d’ingenieur, au cas ou un jour je sois lassée de cette vie. Etre à son compte, c’est génial, mais c’est parfois stressant ! Est-ce que j’aurai toujours envie d’avoir cette vie? Je ne sais pas, je suis incapable de le dire..
      Si tu as déjà été si loin et si tu as déjà beaucoup donné, peut-etre que c’est dommage d’arrêter maintenant? Un diplôme d’ingénieur, même si tu ne t’en sers pas, permet aussi de te crédibiliser pour tes futurs partenariats. Il ne te reste qu’un an n’est ce pas? Peut être que ca vaut le coup de s’accrocher !
      N’hésite pas à me contacter pour en parler !

  4. Déconne pas Victor, passe ton diplôme et deviens plombier après. On a tous eu des doutes sur le côté costard / cravate du chemin qu’on nous trace en école mais le diplome t’ouvre des portes, ne serait-ce que la porte d’une banque pour financer ton ashram bio/durable en plein Ardèche !

    Accroche toi !

  5. C’est juste super d’avoir réussi à prendre le virage du changement . c’est difficile le moment où l’on se rend compte que nous avons laissé nos rêves nous échapper . Je suis à la croisée des chemins et je me force à être patiente, cela fait tellement longtemps que je n’ai pas pensé à ce que je souhaitait que la peur de ne pas savoir comment faire, de ne pas réussir à faire le choix m’angoisse chaque jour. Je ficelle mon projet dans ma tête mais lorsque j’en parle je sens qu’autour de moi on me pense déconnectée avec la réalité., alors je me tais. Oui je suis déconnectée avec ma réalité parce qu’elle ne me correspond pas j’ai envie de vivre autre chose. La route va être semée d’embûches mais le jeu en vaut la chandelle

    1. Salut Anne Marie,
      Désolée je te répond un peu tardivement, j’ai complètement loupé ton message.
      Tu en es où du coup de ce changement de vie?

  6. La croisé des chemins.. .. Entre l’envie dailleurs, de rencontres, d’ exotisme, d’épices, de grands espaces, d’odeurs nouvelles, de cultures autres, de partagent qui nous animent depuis l’enfance et le chemin que l’on a pris il y a certainement quelques années et d’autres jolis projets. Mon rôle de maman m’a comblé mais ces désirs deviennent un besoin . Alors même si cela prendra encore un peu de temps, histoire de mûrir cela et que mes pisseuses déjà grandes soient plus autonomes… Je je sais que je partirai en mode sac a dos à travers le monde .
    Merci pour ton blog, ton asso, ta page fb…. Et félicitations je suis admirative .

    1. Merci miss ! Je suis moi même un peu étonnée de me retrouver la. J’ai simplement écouté mes envies, et j’ai construit autour. Je te souhaite vraiment de t’épanouir dans ce que tu fais. Avant j’avais un travail qui n’avait aucun sens pour moi, je n’avais pas l’impression d’apporter une touche positive dans ce monde..

  7. Tu vas dire que je te harcèle mais je me reconnais tellement en toi! j’ai moi aussi tout vendu en France et mis le reste dans une box et je suis venue vivre en calédonie mais je culpabilisais de ne pas travaillais après 11 ans d’études alors j’ai repris le chemin du boulot…mais la je crois avoir vraiment trouvé ma voie dans la course a pied et les voyages je ne sais pas comment réussir a en vivre pour l instant mais advienne que pourra l’important c’est d: être heureux! tu me rassures tellement dans mes choix ! merci beaucoup!

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